Stanislas Bonnin, le couteau suisse de L’équipe A !

Stanislas Bonnin travaille au sein de L’Equipe A, une boîte de management, booking et production. Nous l’avons rencontré afin qu’il nous en dise un peu plus sur son métier, le 09 novembre dernier, alors qu’il accompagnait l’artiste I Am StramGram en concert au Camji ce soir-là.

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Sound Reporters : Depuis combien de temps exercez-vous le métier de tourneur et quel est votre parcours ?

Stanislas Bonnin : Je travaille dans la musique à temps plein depuis 15 ans et en tant que producteur et manager depuis 7 ans. Avant je travaillais sur le développement culturel, je m’occupais des réseaux des salles de concerts en Corrèze, j’ai aussi fait la programmation d’un festival de jazz à Rennes. En terme d’études, j’ai une maîtrise d’histoire, aucun rapport (rires) ! Quand j’étais à la fac, j’ai co-fondé « Radio Campus Rennes » qui existe toujours. Je jouais aussi dans des groupes de musique, j’ai rapidement compris que je n’étais pas très bon musicien mais que ça m’intéressait tout autant de travailler avec des musiciens en lien avec les labels, la production et l’organisation de concerts.

Sound Reporters : Comment vous est venue l’idée d’être à la fois tourneur et manager ?

Stanislas Bonnin : Avant, j’étais de l’autre côté de la barrière, j’organisais les concerts, je travaillais en lien avec des managers et des tourneurs pour programmer les artistes quand ils venaient dans nos salles. Faire une programmation c’est chouette, mais on est très sédentaire, on accueille des projets artistiques que l’on voit sur des temps très courts, il n’y a pas de vrai suivi des carrières des artistes ou des projets artistiques sur une durée longue.  Avec certains artistes, des affinités se sont créées. J’ai eu envie de suivre sur le long terme la carrière d’un artiste. Mon choix était de pouvoir voir de l’autre côté, de faire partager des styles musicaux au plus grand nombre, dans le temps et la durée.

Sound Reporters : Quelles sont, selon vous, les qualités qu’il faut posséder pour exercer ce métier ?

Stanislas Bonnin : Il faut être calme et polyvalent, avoir de bonnes connaissances artistiques, des compétences en comptabilité, en économie, en droit, car on s’occupe des fiches de paie, des inscriptions à l’URSAFF, des déclarations, etc… Il faut savoir monter des dossiers de subventions, d’aide à la création pour que les spectacles puissent voir le jour, trouver des partenaires donc il ne faut pas être timide. Je pense qu’il ne faut pas être trop susceptible non plus ! Et surtout beaucoup de patience car si tu penses pouvoir gagner ta vie au bout de deux à exercer ce mériter, sache que ce sera plutôt au bout de 20 !

Sound Reporters : Avez-vous déjà vécu un grand moment panique ?

Stanislas Bonnin : Plusieurs oui ! Les moments de panique sont assez récurrents. Quand tu arrives dans une salle et qu’ils t’attendaient pour le lendemain, quand les artistes appellent pour te dire qu’ils n’étaient pas programmés dans cette salle, ou quand ils se trompent de ville, etc. Il y a aussi les problèmes au sein de l’entreprise. Ce sont surtout de grands moments d’angoisse. Il faut ne pas perdre ses moyens et savoir rebondir dans toutes les situations.

Sound Reporters : Avez-vous une anecdote en particulier à nous raconter ?

Stanislas Bonnin : Pour beaucoup de gens, les anecdotes de mon quotidien pourraient sembler incroyables mais notre vie est une succession d’anecdotes, on se retrouve dans des situations qui nous paraissent normales mais qui pourraient sembler incroyables !

Sound Reporters : Qu’est ce qui vous passionne le plus dans votre métier ?

Stanislas Bonnin : La rencontre avec des personnes très différentes, dans des lieux très différents. Ma passion première reste bien-sûr la musique. Et dans mon métier, le management et la production, repérer de nouveaux artistes pour développer leur carrière est passionnant. Enfin je dirais que l’aboutissement, c’est de voir une salle pleine, des gens qui prennent du plaisir à écouter l’artiste que tu accompagnes.

Sound Reporters : Possédez-vous vous-même un talent artistique ?

Stanislas Bonnin : J’ai fait de la musique et j’en fait toujours? J’écris aussi mais je n’ai pas envie d’en faire mon métier. C’est savant tout par plaisir.

Sound Reporters : Pouvez-vous nous décrire une de vos journée type ?

Stanislas Bonnin : Il n’y en a pas ! Parfois, on fait des choses récurrentes comme consulter ses mails, passer des coups de téléphone pour la presse, la télé, les programmateurs des salles de concert. Tout dépend si je suis au bureau ou en tournée.  Si je suis au bureau, je commence toujours par arriver en retard (rires). Alors qu’il vaut mieux arriver tôt pour gérer tout l’aspect administratif et comptable le matin. Aujourd’hui, ma journée a commencé par un rendez-vous avec un artiste pour de futurs projets, puis j’ai chargé du matériel dans un camion. L’après-midi, il a fallu préparer le concert de ce soir. C’est très varié, il faut être polyvalent ! J’ai de grosses journée, parfois je dors, mais c’est rare (rires) !

Sound Reporters : Qu’est ce qui est le plus dur à gérer dans l’organisation des tournées ?

Stanislas Bonnin : Le plus difficile est de tout faire pour minimiser les risques d’imprévus, compiler toutes les informations inhérentes à chaque lieu, faire en sorte que tout se déroule bien. En soi, chaque tâche prise séparément est facile, ce qui compliqué, c’est de tout mettre en synergie pour que rien ne vienne nuire au bon déroulement de l’ensemble !

Sound Reporters : Dans quel pays rêveriez-vous d’accompagner un artiste en tournée ?

Stanislas Bonnin : Il est prévu qu’on aille bientôt au Brésil et en Australie, ce sont déjà de superbes destinations ! Mon rêve serait que toutes les salles de concert soient à proximité d’un spot de surf, comme ça je pourrais surfer tranquillement pendant les balances ! J’aimerai bien accompagner une tournée en Indonésie par exemple. Mais dans l’idéal, si je voulais vraiment visiter un pays (ce que je fais déjà en quelque sorte puisque je voyage beaucoup avec les artistes), je le ferai sans artistes pour avoir la paix (rires) ! L’avantage des tournées, c’est que l’on va dans des pays qu’on ne choisirait pas forcément comme destination de vacances, ce qui permet de découvrir de nouveaux endroits !

 

Interview réalisée par Aurélie et Mélinda
Photos : Hugo

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