Interviews

CAROLINE DEMUTH, LA TÊTE DANS LES ETOILES

Le samedi 25 novembre dernier, Caroline Demuth posait ses valises au Camji après deux jours de tournée intense dans les écoles des Deux-Sèvres. Elle est venue de Suisse présenter son conte musical « Les étoiles d’araignée » devant parents et enfants. 

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Sound Reporters : Pourquoi avoir choisi de parler d’araignées dans votre conte alors que c’est un animal qui effraye souvent les enfants ?

Caroline Demuth : Tout est parti d’un jeu de mot de mon fils qui m’a dit un soir : « Maman, il y a des étoiles d’araignées dans ma chambre ». Je me suis dit, pourquoi ne pas utiliser ce jeu de mot ?!

Sound Reporters :  Quels instruments utilisez-vous pendant votre spectacle ? 

Caroline Demuth : J’utilise le hang pour m’accompagner quand je raconte, car j’aime beaucoup le son lunaire qu’il produit. J’ai aussi un harmonica, un xylophone, un bâton de pluie et des percussions corporelles.

 

Sound Reporters : Depuis quand exercez-vous ce métier ? Comment vous est venue l’idée de travailler avec des enfants ?

Caroline Demuth : Cela va faire un an que je me produis sur scène avec ce spectacle. Au tout début, j’avais écrit cette histoire pour mes enfants uniquement.

Sound Reporters : Combien d’enfants avez-vous déjà accueilli sur scène ? 

Caroline Demuth : L’année dernière, j’ai travaillé avec le Conservatoire de Fribourg pour créer un spectacle, on a fait monter 80 enfants sur scène, et le spectacle a duré 1 heure.

Sound Reporters : Comment les enfants vous voient-ils?

Caroline Demuth : On m’appelle parfois « La Dame des étoiles d’araignées« , ou bien « La Dame au chapeau« . (Elle réfléchit). « La Sorcière » aussi, c’est déjà arrivé. C’est assez variable !

Sound Reporters : Combien de temps vous faut-il pour monter un spectacle ?

Caroline Demuth : C’est assez fluctuant, j’ai mis à peu près un an à monter « Les étoiles d’araignée ».

Sound Reporters : Etes-vous plutôt Mygale ou Goliath ? (L’araignée Goliath est la plus grande et dangereuse au monde)

Caroline Demuth :  Plutôt Mygale alors (Rires) !

Sound Reporters :  Quelle chanson avez-vous honte d’écouter ou écoutez-vous en cachette ? 

Caroline Demuth : (Elle réfléchit) Je dirai «La banane » de Philippe Katerine

Interview réalisée par Mélinda et Emma

Retrouvez l’actualité de Caroline Demuth sur son site :
http://cademu.wixsite.com/lesetoilesdaraignees


 

BRAIN DAMAGE MEETS HARRISON STAFFORD: « SORTIR DE SA ZONE DE CONFORT »
Le 22 novembre, nous avons pu rencontrer Martin Nathan, leader de Brain Damage pour parler de sa collaboration avec Harrison Stafford (Groundation) avant leur concert sur la scène du Camji.  
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Sound Reporters : Comment avez-vous eu l’idée de travailler ensemble, avec Harrison Stafford ?

Martin Nathan (Brain Damage) : C’est une idée que j’avais depuis quelques temps déjà, je me suis donc permis de le solliciter il y a un an, (tout a été fait en un an). Je suis un grand admirateur comme plein d’autres de ce qu’il a fait avec le projet Groundation. J’ai pris l’habitude de m’entourer de musiciens et de chanteurs mais je n’avais jamais fait tout un album avec un seul chanteur. Mon choix s’est porté sur sa personne dans la mesure où je considère que son travail avec Groundation notamment est un des plus intéressants du reggae contemporain. Pour moi c’est l’un des plus originaux tout simplement, il n’essaie pas de suivre les modes.

Sound Reporters : Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce travail en commun ?

Martin Nathan : La mise en danger. Le fait que l’on se soit mis tous les deux d’accord assez rapidement pour essayer de faire quelque chose de différent ensemble, c’est vraiment là-dedans qu’on s’est retrouvés très vite. C’est là que j’ai su que ça allait fonctionner, quand je lui ai proposé le projet et qu’il a accepté assez rapidement. L’idée c’était de sortir de notre zone de confort. Ce n’est pas habituel pour moi, j’ai tendance à donner des directions différentes à chacun de mes albums. Les gens ne s’attendaient pas forcément à nous voir travailler ensemble parce que ce sont des publics vraiment différents. Ce qui nous fait vibrer tous les deux, c’est de créer quelque chose d’unique qui n’a jamais été fait.

Sound Reporters : Comment avez-vous travaillé pour l’écriture et la composition des titres de l’album ?

Martin Nathan : D’une manière assez inédite pour l’un comme pour l’autre, car nous n’avons pas eu le temps de faire réellement les choses ensemble. Nous avons tout fait à distance. Je me suis enfermé dans mon studio pendant 3 mois pour composer 20 titres que je lui ai soumis via Internet. Il en a sélectionné la moitié et a enregistré en Californie ses première idées au niveau de la voix. J’ai délayé les morceaux, rendu l’ensemble un peu plus conséquent. Il a enregistré ses voix définitives toujours en Californie, j’ai fait le mix final chez moi. Il y a eu beaucoup d’échanges pendant des mois. Internet nous a permis de le faire. Dès le départ, on a décidé que la concrétisation de l’album se ferait en live sur scène. On voulait se retrouver en chair et en os pour faire de la musique avec un côté plus humain, frontal et direct. Devant un public et en tournée bien-sûr !

Sound Reporters : Combien de temps a pris la composition de l’album ?

Martin Nathan : Un an, peut-être un petit peu moins au niveau de la composition mais au bout d’un an on était prêt pour la scène, l’album était sorti, on avait répété. On était prêts à tourner.

Sound Reporters : Quel est votre meilleur souvenir de l’écriture de « Liberation time » ?

Martin Nathan : Je pense que ce sont ces fameux trois mois que j’ai passé en studio, pendant lesquels j’ai écrit pour quelqu’un et pour tout un album. Je n’avais jamais fait cela avant. J’avais déjà collaboré ponctuellement sur un titre ou deux. L’idée était de rendre cela encore plus intéressant. Il y avait de l’espace pour la création, pour exprimer un thème ou une idée. Ces trois mois ont été vraiment très agréables. Je devais être drôle à voir, tout seul dans mon studio ! Heureusement que personne ne pouvait me voir ou m’entendre ! J’essayais d’imaginer comment Harrison allait pouvoir intervenir. C’est aussi très gratifiant de recevoir ses pistes, ses idées, ce qu’il a pu chanter de son côté. Ça donne des frissons de voir comment d’autres ont pu intervenir sur notre travail.

Sound Reporters : Quel est votre titre préféré de l’album et celui que vous préférez jouer sur scène ?

Martin Nathan : C’est le deuxième titre de l’album qui s’appelle « Everyone A Christ« . C’est difficile d’expliquer pourquoi on préfère un titre à un autre, peut-être pour la profondeur des textes. Les versions live prennent une autre dimension. En général on choisi un morceau original proche de la version de l’album et on se permet de le délayer sous forme de grandes plages d’improvisation. Moi je m’occupe de la partie Dub et lui improvise au niveau de la voix.

Sound Reporters : Quel est le message principal que vous souhaitez faire passer dans votre musique ?
Martin Nathan : Il y en a plusieurs, il y a le message d’Harrison et le mien. On se retrouve sur certains aspects mais on a nos spécificités respectives. En ce qui me concerne j’aurais insisté sur le fait que dans chacun de mes travaux, j’essaie d’aller sur des terrains que je ne connais pas forcément, j’essaie de me mettre en difficulté. C’est ce qui me fait avancer et c’est comme ça que je me sens vivant. Ça peut surprendre et parfois décevoir ceux qui me suivent. Harrison est très religieux, il est rasta, il prêche un message de paix et d’auto-émancipation via cette musique roots qu’il affectionne depuis des années. C’est un message auquel j’adhère globalement même si je ne suis pas religieux moi-même. Quiconque diffusera un message de paix sera le bienvenu par les temps qui courent.
 
Sound Reporters : Avez vous un rituel avant de monter sur scène ?
Martin Nathan : En général on se regarde, on se salut, on se congratule. On est très contents de faire ça. On en est déjà au quinzième live et l’émotion reste intacte. On est heureux d’y aller, au moment d’y aller l’énergie est toujours intacte pour nous deux. Ça fait 20 ans respectivement qu’on fait ça et on s’étonne encore de la foi et de l’énergie qu’on a au moment de monter sur scène. On est vraiment contents de faire ça, on a de la chance.
Sound Reporters : Pensez-vous à nouveau un jour collaborer ensemble ou bien allez-vous poursuivre vos carrières séparément ?
Martin Nathan : Il est prévu que l’on poursuivre nos carrières respectives, on est relativement débordés l’un comme l’autre. Lui va reprendre Groundation l’année prochaine avec un nouvel album, une nouvelle formule et des musiciens différents. Quand à moi, j’ai déjà posé les premières pierres pour le prochain album. J’ai eu la chance de me rendre deux fois à Bogota en Colombie où j’ai fait plusieurs séances en studio avec des musiciens, des chanteurs locaux. J’essaie de finaliser ce projet cet hiver, l’album devrait sortir en septembre 2018. Le rythme est d’environ un album par an, ce qui est assez fou ! Je ne tiens pas en place ! Comme ça se passe très bien avec Harrison, on a décidé de continuer la tournée. Il y a une vingtaine de dates prévues au printemps, en tout ça fera 40 dates ! Au départ on avait imaginer une tournée de 10 dates, mais il faut continuer tant qu’on peut le faire.
Sound Reporters : Quelle chanson avez-vous honte d’écouter ?
Martin Nathan : Aucune ! J’essaie de dépasser le concept de « musique honteuse ». Ce qui va être honteux pour certains ne va pas l’être pour d’autres. Finalement on est toujours la honte de quelqu’un d’autre, il y a toujours quelqu’un qui va trouver que ce qu’on fait est mauvais, pas assez comme-ci, trop comme-ça… Je peux accrocher sur un truc débile, mais de manière générale, il ne faut pas avoir honte d’écouter de la musique.
Interview réalisée par Aurélie et Matéo
Photo réalisée par Enzo N.


STANISLAS BONNIN, LE COUTEAU SUISSE DE L’EQUIPE A 

Stanislas Bonnin travaille au sein de L’Equipe A, une boîte de management, booking et production. Nous l’avons rencontré afin qu’il nous en dise un peu plus sur son métier, le 09 novembre dernier, alors qu’il accompagnait l’artiste I Am StramGram en concert au Camji ce soir-là.

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Sound Reporters : Depuis combien de temps exercez-vous le métier de tourneur et quel est votre parcours ?

Stanislas Bonnin : Je travaille dans la musique à temps plein depuis 15 ans et en tant que producteur et manager depuis 7 ans. Avant je travaillais sur le développement culturel, je m’occupais des réseaux des salles de concerts en Corrèze, j’ai aussi fait la programmation d’un festival de jazz à Rennes. En terme d’études, j’ai une maîtrise d’histoire, aucun rapport (rires) ! Quand j’étais à la fac, j’ai co-fondé « Radio Campus Rennes » qui existe toujours. Je jouais aussi dans des groupes de musique, j’ai rapidement compris que je n’étais pas très bon musicien mais que ça m’intéressait tout autant de travailler avec des musiciens en lien avec les labels, la production et l’organisation de concerts.

Sound Reporters : Comment vous est venue l’idée d’être à la fois tourneur et manager ?

Stanislas Bonnin : Avant, j’étais de l’autre côté de la barrière, j’organisais les concerts, je travaillais en lien avec des managers et des tourneurs pour programmer les artistes quand ils venaient dans nos salles. Faire une programmation c’est chouette, mais on est très sédentaire, on accueille des projets artistiques que l’on voit sur des temps très courts, il n’y a pas de vrai suivi des carrières des artistes ou des projets artistiques sur une durée longue.  Avec certains artistes, des affinités se sont créées. J’ai eu envie de suivre sur le long terme la carrière d’un artiste. Mon choix était de pouvoir voir de l’autre côté, de faire partager des styles musicaux au plus grand nombre, dans le temps et la durée.

Sound Reporters : Quelles sont, selon vous, les qualités qu’il faut posséder pour exercer ce métier ?

Stanislas Bonnin : Il faut être calme et polyvalent, avoir de bonnes connaissances artistiques, des compétences en comptabilité, en économie, en droit, car on s’occupe des fiches de paie, des inscriptions à l’URSAFF, des déclarations, etc… Il faut savoir monter des dossiers de subventions, d’aide à la création pour que les spectacles puissent voir le jour, trouver des partenaires donc il ne faut pas être timide. Je pense qu’il ne faut pas être trop susceptible non plus ! Et surtout beaucoup de patience car si tu penses pouvoir gagner ta vie au bout de deux à exercer ce mériter, sache que ce sera plutôt au bout de 20 !

Sound Reporters : Avez-vous déjà vécu un grand moment panique ?

Stanislas Bonnin : Plusieurs oui ! Les moments de panique sont assez récurrents. Quand tu arrives dans une salle et qu’ils t’attendaient pour le lendemain, quand les artistes appellent pour te dire qu’ils n’étaient pas programmés dans cette salle, ou quand ils se trompent de ville, etc. Il y a aussi les problèmes au sein de l’entreprise. Ce sont surtout de grands moments d’angoisse. Il faut ne pas perdre ses moyens et savoir rebondir dans toutes les situations.

Sound Reporters : Avez-vous une anecdote en particulier à nous raconter ?

Stanislas Bonnin : Pour beaucoup de gens, les anecdotes de mon quotidien pourraient sembler incroyables mais notre vie est une succession d’anecdotes, on se retrouve dans des situations qui nous paraissent normales mais qui pourraient sembler incroyables !

Sound Reporters : Qu’est ce qui vous passionne le plus dans votre métier ?

Stanislas Bonnin : La rencontre avec des personnes très différentes, dans des lieux très différents. Ma passion première reste bien-sûr la musique. Et dans mon métier, le management et la production, repérer de nouveaux artistes pour développer leur carrière est passionnant. Enfin je dirais que l’aboutissement, c’est de voir une salle pleine, des gens qui prennent du plaisir à écouter l’artiste que tu accompagnes.

Sound Reporters : Possédez-vous vous-même un talent artistique ?

Stanislas Bonnin : J’ai fait de la musique et j’en fait toujours? J’écris aussi mais je n’ai pas envie d’en faire mon métier. C’est savant tout par plaisir.

Sound Reporters : Pouvez-vous nous décrire une de vos journée type ?

Stanislas Bonnin : Il n’y en a pas ! Parfois, on fait des choses récurrentes comme consulter ses mails, passer des coups de téléphone pour la presse, la télé, les programmateurs des salles de concert. Tout dépend si je suis au bureau ou en tournée.  Si je suis au bureau, je commence toujours par arriver en retard (rires). Alors qu’il vaut mieux arriver tôt pour gérer tout l’aspect administratif et comptable le matin. Aujourd’hui, ma journée a commencé par un rendez-vous avec un artiste pour de futurs projets, puis j’ai chargé du matériel dans un camion. L’après-midi, il a fallu préparer le concert de ce soir. C’est très varié, il faut être polyvalent ! J’ai de grosses journée, parfois je dors, mais c’est rare (rires) !

Sound Reporters : Qu’est ce qui est le plus dur à gérer dans l’organisation des tournées ?

Stanislas Bonnin : Le plus difficile est de tout faire pour minimiser les risques d’imprévus, compiler toutes les informations inhérentes à chaque lieu, faire en sorte que tout se déroule bien. En soi, chaque tâche prise séparément est facile, ce qui compliqué, c’est de tout mettre en synergie pour que rien ne vienne nuire au bon déroulement de l’ensemble !

Sound Reporters : Dans quel pays rêveriez-vous d’accompagner un artiste en tournée ?

Stanislas Bonnin : Il est prévu qu’on aille bientôt au Brésil et en Australie, ce sont déjà de superbes destinations ! Mon rêve serait que toutes les salles de concert soient à proximité d’un spot de surf, comme ça je pourrais surfer tranquillement pendant les balances ! J’aimerai bien accompagner une tournée en Indonésie par exemple. Mais dans l’idéal, si je voulais vraiment visiter un pays (ce que je fais déjà en quelque sorte puisque je voyage beaucoup avec les artistes), je le ferai sans artistes pour avoir la paix (rires) ! L’avantage des tournées, c’est que l’on va dans des pays qu’on ne choisirait pas forcément comme destination de vacances, ce qui permet de découvrir de nouveaux endroits !

Interview réalisée par Aurélie et Mélinda
Photos : Hugo



WILLIAM Z VILLAIN : « JE FAIS PEUR AUX ENFANTS ! » 

Le 09 novembre dernier, Le Camji accueillait l’indéfinissable William Z Villain et son projet tout aussi fou que lui ! Extrait d’une rencontre déjantée…

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Sound Reporters : On a lu dans beaucoup d’articles de presse que vous étiez souvent comparé au groupe « Violent Femmes » et au style des années 80 à cause de votre titre « Anybody Gonna Move ». Qu’en pensez-vous ?

William Z Villain : J’aime beaucoup ce groupe ! Je connais bien le bassiste du groupe, Bryan Richie, je suis ami avec son fils, ce qui est plutôt cool !

Sound Reporters : Quel est le message que vous souhaitez faire passer à ceux qui écoutent votre album ?

William Z Villain :  Cela tient en trois mots : « Shake your butt » non, non, ne dites pas ça ! Oh peut-être que si en fait! Je ne pense pas qu’il y ait un message spécifique. S’il y a un message, alors c’est la personne qui écoute l’album qui décide de ce message, je n’ai pas de contrôle là dessus !

Sound Reporters : Qu’est-ce qui vous inspire pour la composition de vos chansons ?

William Z Villain : Je ne sais pas, ce qui se passe aujourd’hui est très étrange car au départ, l’album était juste destiné à mes amis ! Je n’aurai pas imaginé venir jouer en France (rires). Mais je suis en France maintenant et c’est très étrange ! Pour autant, je joue toujours de la musique chez moi juste pour le plaisir, j’adore la musique !

Sound Reporters : Quel est l’instrument que vous aimez le plus jouer?

William Z Villain : Il y a dans la loge une petite guitare à trois cordes, je crois que ça s’appelle une « guitare longue ».

Sound Reporters : Que pensez vous de notre pays et de sa musique?

William Z Villain : J’aime beaucoup la musique française, j’aime Serge Gainsbourg, Françoise Hardy… Et quand j’avais 15 ans, j’écoutais en boucle l’album de Camille, « Le fil ».

Sound Reporters : Quelle a été votre plus belle expérience sur scène ? Et sur quelle scène ?

William Z Villain : J’adore quand il y a des enfants dans le public ! La plupart du temps je leur fais peur. Dans cette tournée, il y a souvent des enfants devant la scène et j’adore quand ils dansent, parce que tu sais, les enfants sont honnêtes, et pour moi c’est un énorme compliment quand les enfants dansent ! Il y avait beaucoup d’enfants à Castres. A Massy, il y avait une vieille dame avec des grosses lunettes qui dansait devant tout le monde !

Sound Reporters : Une scène où vous rêveriez de jouer ?

William Z Villain : Peut-être dans la maison de Jacques Chirac, mon ami Chirac ! Mais comme il est vieux je dois me dépêcher !

Sound Reporters : Quelle chanson vous a apporté le plus de plaisir au moment de l’écriture ?

William Z Villain : J’ai une nouvelle chanson qui s’appelle « Stone Digger », je l’aime beaucoup parce que c’est original. Dans la plupart des chansons, le rythme est en 6 temps et sur celle-ci, il est en 9 temps ! J’aime beaucoup ça parce que c’est différent !

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Sound Reporters :
 Si vous deviez donner un conseil à ceux qui débutent dans la musique, quel conseil donneriez-vous ? 

William Z Villain : Encore une bonne question ! Si ce n’est pas amusant, c’est qu’il y a un problème. Beaucoup de personnes pensent que c’est un business alors que la musique ce n’est pas ça ! J’ai parfois joué avec des personnes qui ne pensent qu’au business et qui mettent le plaisir de côté.

Interview réalisée par Aurélie & Andréa
Photos : Mélissa

 


 

RENCONTRE AVEC DAVODKA, LA FINE PLUME DU RAP FRANCAIS

Après avoir assisté aux balances de Davodka qui clôturait le festival «En Vie Urbaine», ce dernier nous a accordé un peu de son temps pour répondre à nos questions…

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Sound Reporters : Dans «Accusé de réflexion», le public, au tribunal, porte des masques Anonymous, pourquoi?

Davodka : Ce ne sont pas vraiment des masques « Anonymous » à la base, j’ai choisi ces masques en référence à « V pour Vendetta ». C’est l’histoire d’un homme qui fait un coup d’état. Il a une belle signification, il a aussi ce sourire ironique, comme tout le public qui le porte. La révolte n’a pas de visage.

Sound Reporters : Dans la plupart de vos raps, on entend une petite voix qui dénonce quelque chose. Que signifie-t-elle?

Davodka : Je n’ai pas commencé le rap par vocation mais parce que c’était un exutoire, toutes les choses que je ressentais, qu’elles soient négatives ou positives, je les écrivais. Cette petite voix c’est mon ras-le-bol, et c’est un ras-le-bol général ! Nous sommes nombreux à penser de la même manière sur certains sujets ! Moi je l’exprime par mon son. Tout le monde n’est pas obligé d’être d’accord avec moi, mais c’est ma vision des choses.

Sound Reporters : Comme pour vos enregistrements studio en solo, est-ce vous qui écrivez les scénarios de vos clips tout seul?

Davodka : J’ai un studio «maison» où je m’enregistre moi-même. Je ne suis malheureusement pas assez polyvalent et talentueux pour tourner mes clips moi-même ou avec mon équipe pour le moment. On travaille donc avec plusieurs personnes de l’extérieur comme Caillou Prod et Tarmac Film qui se sont chargés notamment du clip d’Accusé de réflexion, Amour gloire et beauté et Fusée de détresse. C’est une liberté de pouvoir faire appel à des gens de l’extérieur pour écrire les scénarios plutôt que se limiter à ma seule vision, c’est une vraie plus-value ! La qualité est bien supérieure à ce que j’aurai pu obtenir seul.

Sound Reporters : De quel titre êtes-vous le plus fière?

Davodka : Je suis content d’avoir écris Addiction parce que j’ai vraiment réussi à mettre des mots sur des pensées et je le vois avec plus de recul et de maturité, c’est vraiment un titre dont je suis fière. Il y a aussi Le couteau dans la paix, que j’ai écrit dans une période de crise.

Sound Reporters : Est-ce que que vous désirez faire des plus grandes scènes ? Si oui, lesquelles ?

Davodka : De manière générale, toutes les planches font rêver, du moment qu’on joue la musique qu’on aime ! La Cigale, c’est une scène emblématique de mon quartier qui me fait rêver, il y a des grands noms du rap français qui y sont passés. En dehors de la musique, c’est aussi une grande scène de théâtre ! On y joue le 14 avril 2018, et ça me rend vraiment heureux !

Sound Reporters : Est-ce qu’il y a un thème dans vos chansons que vous n’avez pas encore abordé ?

Davodka : Je suis devenu papa récemment, alors pourquoi pas aborder prochainement le thème de la paternité ! Comment on passe de l’adolescence à la paternité, expliquer comment un gosse devient un père! (Rires)

Sound Reporters : Est-ce qu’il y a un rappeur avec qui vous aimeriez faire un feat ?

Davodka : Franchement, il y en a pleins ! Si je ne devais en citer qu’un, je dirais Sinik qui a bercé une grande partie de ma jeunesse et qui vient de mon quartier ! Du côté des américains, je pourrais citer Vinnie Paz, mais aussi Jedi Mind Tricks dont je suis un grand fan ! Mais mieux vaut ne pas considérer un feat comme l’aboutissement d’une carrière, sinon quel objectif se fixer ensuite ?

Sound Reporters : Si vous pouviez changer quelque chose dans votre passé, qu’est ce que ça serait ?

Davodka : Avec du recul, je ne changerai rien, car je n’aurai pas le même vécu si les choses avaient été différentes, et je ne pourrai pas en parler de la même manière. Je suis fier de ce qu’ai vécu jusque maintenant, et en vérité, je recommencerai de la même manière, et ce, malgré les erreurs. Ce sont les erreurs qui nous forgent !

Interview réalisée par Mélinda et Emma.
Photos : Juliette


« JE SUIS CELUI QUI TEND LA MAIN » – R.CAN

Le samedi 21 octobre, à l’occasion du Festival En Vie Urbaine, nous avons eu la chance d’en apprendre plus sur le chaleureux rappeur R.CAN.

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Sound Reporters : On a remarqué que vous rappez dans toutes vos chansons sauf dans « Du love », pourquoi ce choix ?

R.CAN : On m’a proposé une instru et j’avais envie de faire un truc différent. J’avais déjà fait un morceau qui s’appelle « Pas le temps » sur le même EP et j’étais dans une période où j’avais envie de chantonner, ce que je fais de plus en plus.

Sound Reporters : Pourquoi avoir choisi une instrumentale orientale pour vos chansons « Tekameli cante » et « L’orientale » ?

R.CAN : Avec mon ami Lahoucine qui est marocain avec qui j’ai composé le morceau « L’Orientale« , on avait un collectif à l’époque qui s’appelait du même nom en référence à son pays d’origine mais aussi en référence à notre territoire, Perpignan qui se situe dans les Pyrénées-Orientales. On avait décidé d’aller faire un tour au Maroc et d’en faire un morceau. On cherchait une boucle sympa pour pouvoir s’exprimer. Avec des gitans de mon quartier qui s’appelle Tekameli, on s’est dit qu’on allait faire un morceau ensemble et l’instru vient directement de leurs influences !

Sound Reporters : Pourquoi ne vous considérez pas comme un rappeur français comme vous le dites dans votre titre « Je ne me situe pas » ?

R.CAN : En fait, c’est surtout que je ne me situe pas dans le rap français. J’ai un message qui est totalement différent, qui est toujours positif à 100%, un message d’espoir avec cette envie de laisser percevoir une lueur à chaque fois. Je ne sais pas faire autrement alors que je pense que dans 80 % du rap les mecs sont négatifs. Je ne me situe pas là dedans. Je suis loin de ça et je trouve ça malheureux qu’un certain rap qui prône des choses néfastes soit mis en avant comme ça.

Sound Reporters : Qu’est-ce que la rencontre avec Jordi Barre vous a apporté ?

R.CAN : J’ai grandi. J’ai énormément grandi avec un homme comme lui et je me suis rendu compte qu’un rappeur peut collaborer avec des personnes qui pratiquent une musique totalement différente avec une culture différente. Il faut savoir aussi que Jordi Barre, chez moi à Perpignan, est une icône de la chanson parce qu’il y a des écoles qui portent son nom, des rues à son nom et tout le peuple Catalan l’a toujours soutenu donc c’était un grand monsieur. Il m’a beaucoup fait grandir, il a été plus qu’un père pour moi. Il m’a donné beaucoup d’espoir et beaucoup d’amour, un nouveau souffle pour repartir. Il y a plusieurs virages dans une vie d’artiste et lui il a été là au bon moment, c’était vraiment bien de partager ça avec lui.

Sound Reporters : Le choix de votre nom de scène a-t-il été évident où avez-vous hésité avec d’autres ?

R.CAN : Non je n’ai pas hésité avec d’autres noms parce que je ne suis pas entré dans le hip-hop par le rap, je suis rentré dans le hip-hop par le tag. Le hip-hop représente 5 disciplines dont le tag et R.Can c’étaient des lettres que j’arrivais bien à développer artistiquement alors je les ai mises dans cet ordre là. A la base, ce que je voulais, c’était que mon tag soit bien et je voulais qu’il y ait un point dedans.

Sound Reporters : On a vu que vous aviez des concerts jusqu’au 8 décembre, quels sont les projets à suivre?

R.CAN : Je fais un troisième album, ça c’est le plus gros projet à venir. Là on calme les concerts, on arrête un petit peu d’être sur la route et on rentre en studio pour faire ce troisième album qui sera totalement différent du premier et du second.

Sound Reporters : Qu’est-ce que vous aimez le plus partager dans la musique ?

R.CAN : Le partage, c’est tout ! Le partage, les belles vibrations, les échanges, les sourires, tout est résumé dans le titre « Du love » et dans tous les morceaux que j’écris, je crois.

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Sound Reporters : Pourquoi tenez-vous à faire des concerts en prison ?

R.CAN : Si tu es un artiste tu as obligatoirement une sensibilité. Si tu te dis artiste, que veux faire ton travail d’artiste, tu te dois d’aller faire des concerts dans des milieux hostiles, là où tu es susceptible de semer des graines positives. Ce public empêché, j’ai besoin d’aller le voir pour mon équilibre, j’ai l’impression de contribuer à quelque chose et je pense que si chacun fait sa petite part, le monde irait super bien. Mon but c’est d’aller faire naître des sourires, des graines d’espoir là où la majorité des personnes pensent que ces graines ne peuvent pas pousser. Personne ne sait pourquoi un détenu est incarcéré et aujourd’hui je le sais parce que ça fait plus de 15 ans que je travaille dans les prisons, je sais que chaque incarcération est due à un manque d’amour. On ne juge pas les gens, on ne peut pas se le permettre, et quand tu es artiste, tu dois aussi aller mettre la main là-bas. Je ne suis pas qu’un artiste, je suis aussi celui qui tend la main, qui a envie que les choses avancent et on ne le fait pas qu’avec un micro.

Sound Reporters : Dans la chanson « l’inexplicable », à qui faites-vous référence ?

R.CAN : Je me suis mis dans la peau d’un personnage mais ce personnage est constitué d’un petit peu de ma personne. Ce n’est pas autobiographique mais il y a une partie de moi, notamment  par rapport à la perte du père.

Sound Reporters : Pourquoi avoir fait une chanson sur l’instrumentale de « Mistral gagnant » de Renaud?

R.CAN : C’est une série que j’ai mis en place sur Internet, une série Facebook qui s’appelle « Sur mon Solex » dont le but était de revisiter des instrus qui m’ont fait vibrer toute ma vie. Le premier épisode effectivement était sur « Mistral gagnant ». Je kiffais grave cette instru, on l’a saigné, on devenait ouf dessus ! Je me suis dit que j’allais faire une série de freestyle et j’ai commencé avec celle là, ça a été un peu au feeling. J’ai aussi repris Sniper, NTM, Diam’s etc.

Sound Reporters : Si vous deviez choisir un animal pour vous représenter lequel choisiriez-vous?

R.CAN : Sincèrement je ne sais pas trop quoi te répondre, je peux juste te dire que mon animal préféré depuis que je suis gamin est le chien, même si je ne sais pas si j’aimerais être cet animal. J’ai toujours eu des chiens et quand je vois des chiens dans la rue je leur parle ! J’adore les chiens. S’il y avait un chien ici, je serais en train de le caresser. Je ne répondrai même pas à tes questions, t’imagines ! Après je ne me représente pas comme un chien mais tu m’as fais réfléchir, c’est une bonne question à se poser !

Interview réalisée par Aurélie et Matéo.
Photo : Juliette

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